Essai d'expert
Voix : Modèles inclusifs et participatifs pour le tourisme côtier et marin

Quels outils ou mécanismes ont été efficaces pour créer des opportunités d'engagement efficace des parties prenantes dans le développement du tourisme côtier et marin ? Comment ces outils ou mécanismes doivent-ils être adaptés pour assurer l'inclusion active des membres particulièrement vulnérables ou privés de leurs droits de la communauté ?

The Honourable Randy Boissonnault
L'honorable Randy Boissonnault
Ministre du Tourisme et Ministre associé des Finances, Canada

Le Canada est une nation océanique. L'économie mondiale des océans connaît une expansion et une transformation rapides, et l'Organisation de coopération et de développement économiques prévoit qu'elle fera plus que doubler d'ici 2030. Le Canada s'efforce de tirer parti de cette croissance. Nos atouts nationaux, y compris le plus long littoral du monde, l'accès à trois océans, l'innovation scientifique et technologique océanique de pointe et un solide bilan en matière de conservation, offrent un solide avantage comparatif. À l'heure actuelle, l'économie océanique du Canada génère 36,1 milliards C$ de produit intérieur brut (PIB) par an, soutient près de 300 000 emplois et est essentielle à la qualité de vie des 4,8 millions de Canadiens vivant dans nos collectivités côtières. Les secteurs maritimes du Canada, y compris le tourisme maritime, apportent des contributions économiques importantes, en particulier pour les collectivités côtières rurales.

Avant le début de la pandémie de COVID-19, le tourisme au Canada était une industrie à forte croissance et à fort potentiel et venait de connaître plusieurs années record en termes de revenus et de nombre de touristes visitant le Canada. En 2019, le tourisme représentait 2 % du PIB du Canada, 3 % des exportations totales et 4 % de tous les emplois. Le tourisme est une industrie exclusivement inclusive. Composé principalement de petites et moyennes entreprises, il emploie une proportion plus élevée de jeunes, de femmes, de personnes LGBTQ2 et de personnes racialisées et autochtones par rapport à leur part de la main-d'œuvre. L'industrie est également une importante source d'emplois pour les nouveaux arrivants au Canada; en 2019, 28 % des employés du tourisme étaient des immigrants ou des résidents non permanents. Le tourisme est important dans toutes les régions du Canada, y compris les grandes et les petites villes, les régions rurales et éloignées, les communautés autochtones, les communautés côtières et dans le Nord.

Les offres touristiques côtières et marines contribuent de manière significative à l'industrie, car elles attirent les voyageurs nationaux et internationaux avec des activités spécifiques à la destination telles que l'observation des baleines, la pêche récréative, la plongée sous-marine et les croisières dans l'Arctique. L'industrie des croisières est à elle seule un moteur important de l'industrie du tourisme et une partie importante de l'économie canadienne, en particulier dans les collectivités côtières. En 2019, l'industrie des croisières a généré plus de $4 milliards de production économique et soutenu plus de 30 000 emplois.

Le COVID-19 a durement frappé notre industrie touristique. Le gouvernement du Canada travaille avec des collectivités partout au Canada pour soutenir la reprise de l'industrie. Le secteur du tourisme et de l'hôtellerie a reçu une aide estimée à $23 milliards dans le cadre des programmes d'urgence du gouvernement fédéral. Le budget 2021 a prévu 1 milliard de TP3T sur trois ans pour le secteur du tourisme, notamment dans les domaines suivants :

  • $500 millions pour le Tourism Relief Fund, qui soutient des projets de tourisme rural dans tout le pays, y compris les communautés côtières. Cela comprend $50 millions destinés spécifiquement au tourisme autochtone.
  • $200 millions pour soutenir les grands festivals et événements du Canada.
  • $200 millions pour soutenir les festivals et événements locaux.
  • $100 millions à Destination Canada pour des campagnes de marketing visant à promouvoir les destinations touristiques canadiennes.

Pour soutenir la reprise en cours, le gouvernement du Canada s'est engagé à faire en sorte que le Canada demeure reconnu comme une destination sûre de choix. Les niveaux élevés de vaccination au Canada, ainsi que la promotion continue des mesures de santé publique par la population canadienne, la preuve normalisée de vaccination et la collecte numérique d'informations sur les voyageurs via ArriveCAN, ont fait en sorte que le Canada demeure un endroit sûr et sécurisé à visiter.

De plus, le Canada continue de donner la priorité à la croissance de l'économie bleue afin de créer des opportunités pour les secteurs de l'eau douce et de l'océan et les communautés côtières. En tant que nation océanique, le Canada peut soutenir sa reprise touristique en tirant parti et en développant les caractéristiques des communautés côtières, y compris, mais sans s'y limiter, notre océan, pour attirer les voyageurs nationaux et internationaux. L'exposition et l'expansion du tourisme océanique soutiendront la croissance de l'économie des visiteurs sur les trois côtes du Canada et créeront plus d'emplois, de possibilités et de bien-être économique dans les communautés côtières et autochtones. 

La Stratégie fédérale de croissance du tourisme

Le 21 mai 2019, le gouvernement du Canada a annoncé la première Stratégie fédérale pour la croissance du tourisme (FTGS), dans le but de tirer parti du tourisme pour stimuler la croissance économique et créer des emplois dans tout le pays. La stratégie a accordé la priorité au tourisme rural et éloigné afin de créer de nouvelles opportunités économiques dans ces régions et d'ouvrir aux touristes davantage la beauté naturelle à couper le souffle du Canada. En fait, l'un des piliers de la FTGS était de « développer le tourisme dans les collectivités du Canada », y compris dans les collectivités rurales et éloignées. Pour y parvenir, un Fonds pour les expériences canadiennes (FEC) de $58,5 millions a été créé pour investir dans les produits touristiques liés à l'hiver et aux saisons intermédiaires, au tourisme rural et éloigné, au tourisme autochtone, à l'inclusivité (en particulier pour les communautés LGBTQ2) et au tourisme culinaire.

Pour éclairer l'élaboration de la stratégie, le gouvernement du Canada a mené un dialogue considérable avec divers intervenants partout au Canada, y compris de nombreuses collectivités côtières. En 2018, le gouvernement a lancé une tournée d'une semaine à travers le pays pour rencontrer les acteurs touristiques locaux à travers une série de tables rondes. Les réunions ont réuni des associations de l'industrie (par exemple, Indigenous Tourism BC), des organisations culinaires (par exemple, Ocean Wise), diverses organisations communautaires (par exemple, Vancouver Pride Society), des organisations autochtones (par exemple, Kivalliq Inuit Association), des opérateurs touristiques (par exemple, des circuits, des fermes, des festivals). , les universités, les gouvernements locaux, les sociétés d'État, les autorités de transport et plus encore. Dispersées à travers le Canada, les tables rondes ont eu lieu à Winnipeg et à Churchill, au Manitoba; Rankin Inlet, Nunavut; et Vancouver, Kelowna et Victoria, Colombie-Britannique.

Le 18 mai 2022, le Canada a lancé le processus de consultation pour renouveler la Stratégie fédérale de croissance du tourisme afin de continuer à soutenir l'industrie touristique canadienne, à la suite des répercussions de la pandémie de COVID-19. Le gouvernement du Canada travaillera avec les entreprises touristiques, leurs homologues provinciaux et territoriaux et les partenaires touristiques autochtones pour renouveler la stratégie avec une nouvelle perspective post-pandémique. Dans le cadre de ces efforts, et pour s'assurer que les entreprises autochtones participent à la reprise, le budget de 2022 propose de fournir $20 millions sur deux ans pour soutenir un nouveau Fonds pour le tourisme autochtone afin d'aider l'industrie touristique autochtone à se remettre de la pandémie et à se positionner pour une croissance durable à long terme. Le budget propose également de fournir $4,8 millions sur deux ans à l'Association touristique autochtone du Canada pour soutenir ses activités, qui continuent d'aider l'industrie touristique autochtone à se reconstruire et à se remettre de la pandémie. L'examen et les ajustements du gouvernement aux restrictions de voyage et aux mesures de santé publique complètent ces efforts et soutiendront davantage la croissance de l'économie touristique du Canada.

Le renouvellement de la Stratégie fédérale de croissance du tourisme abordera une gamme de thèmes liés à la reprise et à la croissance du secteur : attraction d'investissements et développement de destinations; les possibilités de croissance du secteur touristique autochtone; la croissance dans les collectivités rurales et éloignées; tourisme sportif; tourisme culinaire; les perspectives du travail et de la main-d'œuvre; et le tourisme culturel et communautaire. Par exemple, l'engagement inclura des intervenants dans les zones rurales pour discuter de leurs défis particuliers lorsqu'ils s'engagent dans l'économie touristique, ainsi qu'avec des représentants d'entreprises touristiques autochtones qui s'efforcent de stimuler la prospérité économique de leurs communautés, ainsi que de présenter des expériences authentiques aux visiteurs. au Canada. Le gouvernement engagera également les communautés culturelles pour discuter des avantages que la riche diversité du Canada apporte au secteur du tourisme. Tout au long de ce processus d'engagement, le gouvernement veillera à ce que les voix de toutes les régions du pays soient entendues.

L'économie bleue du Canada

Le gouvernement du Canada s'emploie à développer l'économie bleue grâce à une approche pangouvernementale qui contribuera à faire croître l'économie des océans et des eaux douces du Canada et à soutenir la croissance durable à long terme du secteur canadien du poisson et des fruits de mer; positionner le Canada pour réussir dans les secteurs à croissance rapide de l'économie bleue tels que la technologie océanique; faire progresser les objectifs de réconciliation, de restauration, de conservation et de climat ; et veiller à ce que les collectivités côtières du Canada prospèrent.

Dans le rapport 2021 du MIT Technology Review Blue Technology Barometer, le Canada s'est classé 10e parmi les nations du monde et s'est particulièrement bien comporté dans la catégorie de l'environnement océanique en matière de réduction du carbone[1]. Le Canada continuera de faire progresser ce travail, en particulier dans le domaine de l'inclusion, à mesure qu'il développe son économie bleue et s'appuie sur le travail de la Stratégie fédérale pour la croissance du tourisme en mettant l'accent sur les communautés côtières rurales et en travaillant avec et en écoutant une diversité de points de vue.

Afin d'éclairer le développement de l'économie bleue et d'entendre les voix traditionnellement sous-représentées, le gouvernement du Canada s'est engagé auprès des principales parties prenantes de février à juin 2021 dans le cadre de 40 tables rondes, associées à un engagement sectoriel et régional ciblé. Le processus a réuni plus de 1 600 participants, dont 233 identifiés comme étant des Autochtones et 318 identifiés comme des femmes. Le 11 mars 2022, le gouvernement a publié un document « Ce que nous avons entendu » qui répertorie les contributions et les commentaires de tous les participants, y compris les partenaires provinciaux, territoriaux et autochtones, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et le milieu universitaire. Par exemple, la Supergrappe des océans du Canada a pu recueillir des commentaires lors de tables rondes sur des questions d'inclusivité, telles que « Les femmes dans l'économie bleue ». Les collaborations, les partenariats et le réseautage ont été fortement soutenus tout au long de l'engagement comme moyen de respecter les connaissances autochtones et d'assurer l'accessibilité aux connaissances et aux données non exclusives.

Ce processus d'engagement a identifié trois moyens clés par lesquels l'économie bleue pourrait favoriser plus de prospérité et d'inclusion dans les secteurs océaniques du Canada, notamment en faisant progresser la participation des peuples autochtones ; identifier et éliminer les obstacles à la croissance inclusive ; et développer la main-d'œuvre et les compétences nécessaires. De plus, les parties prenantes ont indiqué l'importance de l'équité régionale pour assurer une représentation équitable dans la large répartition des avantages de l'économie bleue du Canada. Pour mieux comprendre ces nuances régionales et la mise en œuvre de solutions locales, le gouvernement a organisé des tables rondes dans des régions spécifiques.

Mécanismes pour accroître la participation des groupes sous-représentés à l'économie bleue

L'engagement total des Canadiens sous-représentés dans les industries océaniques traditionnelles et émergentes constitue toujours des obstacles, tels que des environnements peu accueillants ou biaisés, le manque de sensibilisation aux opportunités ou des parcours d'éducation et d'emploi clairs.

Le Canada offre actuellement divers programmes pour accroître la participation des groupes sous-représentés à l'économie océanique. Par exemple, la Supergrappe des océans du Canada est un modèle de grappe dirigé par l'industrie qui stimule la collaboration intersectorielle, accélère l'innovation et fait croître l'économie océanique du Canada grâce au financement de l'industrie et du gouvernement du Canada. La supergrappe des océans soutient les groupes sous-représentés par le biais d'initiatives telles que le projet de pivot de carrière autochtone, un programme visant à faciliter et à soutenir des stages de travail significatifs pour les peuples autochtones qui souhaitent explorer des options de carrière dans l'économie des océans en soutenant leur emploi pendant 12 mois avec une supergrappe des océans. entreprise membre, en mettant l'accent sur la création d'emplois permanents à temps plein.

De plus, le Centre for Ocean Ventures and Entrepreneurship (COVE), situé à Halifax, en Nouvelle-Écosse, est une plaque tournante permettant aux entreprises liées à l'océan de mener des activités de recherche et de développement, de créer de nouveaux produits, d'accéder à des équipements de détection et de surveillance marines à des fins de test et de favoriser le démarrage -ups à travers le Start Up Yard. COVE propose un programme de stages pour un apprentissage intégré au travail basé sur des projets, axé sur la diversité croissante de la main-d'œuvre et l'accélération de la croissance et de l'innovation en introduisant de nouveaux entrants avec des perspectives, une éducation et une expérience diverses dans le secteur.

Les agences de développement régional (ADR) du Canada sont chargées de promouvoir le développement économique dans tout le pays grâce à des relations régionales établies. Les mandats et programmes existants des ADR soutiennent directement les petites et moyennes entreprises (PME), les groupes autochtones et d'autres organisations qui investissent dans la technologie, les initiatives de croissance des entreprises, les pratiques durables et le renforcement des capacités, en les aidant à créer de bons emplois et à saisir les formidables opportunités du économie bleue mondiale. Par exemple, les ADR ont mis en place le Fonds pour les expériences canadiennes, un investissement sur deux ans en 2019-2020 et 2020-2021 pour soutenir les collectivités partout au Canada dans la création, l'amélioration ou l'amélioration des produits, des installations et des expériences touristiques. Le FEC a concentré ses investissements dans cinq domaines : le tourisme d'hiver et de saison intermédiaire, le tourisme rural et éloigné, le tourisme autochtone, la diversité et l'inclusion, et les expériences culinaires. Actuellement, les RDA distribuent le Fonds d'aide au tourisme de $500 millions sur deux ans. Ces investissements ont couvert les secteurs de l'économie bleue, y compris le tourisme marin et les loisirs, et sont adaptés aux besoins et aux réalités spécifiques des PME et des communautés de chaque région canadienne, éclairés par une profonde expertise acquise au fil des années de travail avec des entreprises, des organisations et des les réseaux qu'ils représentent. En tirant parti des connaissances des RDA sur les priorités régionales du secteur océanique, des réseaux avec les principaux intervenants locaux de l'océan, tels que les groupes autochtones, et de l'expérience dans le soutien des secteurs océaniques, les RDA s'efforcent de relever les défis régionaux et de favoriser de nouvelles opportunités.

Conclusion

Un certain nombre de thèmes reviennent dans le processus d'engagement des parties prenantes sur la croissance de l'économie bleue du Canada. Il s'agit notamment de la nécessité de tirer parti du potentiel des communautés côtières, telles que les attractions touristiques côtières et marines, les ports et autres services maritimes ; la nécessité d'adopter une approche territoriale pour développer l'économie bleue ; le rôle crucial du financement public et du financement; l'importance de développer une main-d'œuvre inclusive; développement économique rural; et investir dans l'infrastructure de base comme les quais communautaires et l'infrastructure à large bande. Ces thèmes s'harmonisent avec les priorités fédérales existantes pour faire croître l'économie touristique du Canada de manière inclusive, notamment en faisant la promotion d'expériences touristiques autochtones authentiques et diversifiées, en tirant parti des régions rurales et éloignées pour attirer les touristes et en développant des expériences culinaires et de la mer à la table.

L'économie des visiteurs est au cœur de la reprise économique complète du Canada après la pandémie mondiale. Le tourisme côtier et marin contribuera à stimuler la croissance future de ce secteur essentiel. Le Canada a ce que le monde veut dans le tourisme de l'océan bleu. En travaillant avec divers partenaires et en apprenant de nos collègues internationaux, nous positionnerons le Canada pour une croissance responsable et durable de son économie du tourisme océanique.

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[1] MIT Technology Review, « The Blue Technology Barometer », novembre 2021, https://www.technologyreview.com/2022/01/05/1040367/the-blue-technology-barometer/.

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